Alors que les personnes trans ont une plus forte propension à fumer, l’ACT-Alliance contre le tabac, la Fédération LGBTI+ et OUTrans s’associent pour lancer la première campagne de sensibilisation.
Alors que les personnes trans ont une plus forte propension à fumer, l’ACT-Alliance contre le tabac, la Fédération LGBTI+ et OUTrans s’associent pour lancer la première campagne de sensibilisation.
Alors que les personnes trans ont une plus forte propension à fumer, l’ACT-Alliance contre le tabac, la Fédération LGBTI+ et OUTrans s’associent pour lancer une campagne de sensibilisation.
Intitulée « Libre », cette prise de parole commune a un double objectif : informer sur les spécificités méconnues du tabagisme chez les personnes trans et plaider en faveur d’un meilleur accompagnement de ces personnes vers le sevrage tabagique et plus globalement, pour une amélioration de leur accès aux soins.
Que ce soit à l’échelle nationale ou internationale, plusieurs études démontrent que la consommation de tabac est davantage répandue chez les personnes trans.
En France, les derniers chiffres disponibles de Santé Publique France révèlent que près de 37 % des personnes trans sont fumeuses, soit un chiffre supérieur de plus de 10 points par rapport à la moyenne nationale
Cette forte propension à fumer s’explique avant tout par des expériences discriminatoires nombreuses : d’après une étude quantitative réalisée en 2014, 85 % des personnes trans déclaraient avoir été victimes de transphobie au cours de leur vie et 37 % rapportaient avoir été victimes d’actes discriminants de manière répétée dans l’année . Un tiers d’entre elles déclarait avoir été injurié du fait de leur transidentité et 8 % avoir reçu des coups. Afin de faire face aux violences qu’elles subissent, les personnes trans auraient donc plus souvent recours à la consommation de tabac, souvent perçue comme un moyen de soulager son stress.
De plus, ces personnes ont moins accès aux soins et ainsi ont de plus faibles chances d’être prises en charge dans le cadre d’un accompagnement vers le sevrage tabagique : 1 personne sur 5 déclarait avoir renoncé à voir un médecin au cours des 12 derniers mois de crainte d’être discriminée du fait de sa transidentité. Ce manque de dialogue et de confiance entre les patients et les professionnels de santé est un frein majeur à la prévention et à l’accompagnement vers le sevrage tabagique pour ces personnes.
Afin de mettre en lumière la prévalence tabagique élevée chez les personnes trans, l’ACT, la Fédération LGBTI+ et OUTrans lancent la première campagne de sensibilisation à destination de cette population. Dans le spot de campagne, une personne trans livre face caméra son combat pour vivre pleinement son identité affranchie des normes sociales ; et de toute dépendance au tabac.
« Nos centres et associations constatent chaque jour que les inégalités sociales et les violences transphobes ont des conséquences dramatiques sur la santé des personnes, leur estime de soi et leur capacité à mobiliser des ressources pour le recouvrement ou le maintien de leur bien-être. Le quotidien est stressant et souvent compliqué par des précarités de plusieurs natures. Au-delà des discriminations réellement vécues, la seule crainte de vivre celles-ci a des conséquences énormes. », rappelle Élian Barcelo, en charge de la promotion de la santé à la Fédération LGBTI+. « Ce stress minoritaire rend vulnérable face à l'industrie du tabac. Quand on peine à prendre soin de soi, que l'on doute de l'importance de sa santé, arrêter de fumer n'est pas une priorité. Or la santé est un droit humain fondamental. ».
« En tant qu’ONG reconnue d’intérêt général, notre rôle est d’œuvrer pour une société durablement libérée de l’industrie du tabac. Après une première prise de parole qui s’adressait spécifiquement aux femmes, nous poursuivons nos efforts auprès des personnes trans, une population également plus à risques. », explique Loïc Josseran, Président de l’ACT-Alliance contre le tabac, médecin et chercheur en santé publique, Professeur de santé publique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin. « Malgré les preuves d’une prévalence tabagique élevée au sein de cette communauté, les actions de sensibilisation et de prévention du tabac à leur égard sont rares, voire inexistantes ! De plus, les recherches scientifiques sur ce sujet sont trop faibles : on ne connaît aujourd’hui ni les freins à l’arrêt ni les conséquences du tabac sur la prise d’hormones à long terme.»
« Au-delà de sensibiliser sur la consommation de tabac, cette campagne doit interpeller les décideurs et les professionnel·les de santé aux problèmes d’accès aux soins des personnes trans. Aujourd’hui encore, nombre d’entre elles se voient refuser des rendez-vous médicaux ou sont victimes d’expériences négatives en cabinet. Elles préfèrent alors repousser leurs consultations voire renoncer aux soins, quitte à aggraver leur pathologie et mettre leur vie en danger ! », alerte Anaïs Perrin-Prevelle, co-présidente de l’association OUTrans. « Les réserves et les appréhensions qu’entretiennent les médecins sont souvent dues à une méconnaissance du sujet. Aujourd’hui encore, les étudiants en médecine n’ont pas une seule minute de sensibilisation sur les transidentités dans tout leur cursus. Il est nécessaire de mieux les sensibiliser et surtout de mieux les former ; d’autant que l’accès à la prévention et aux soins est un droit fondamental !
A travers ce spot de campagne, les 3 associations entendent interpeller les décideurs publics pour mettre en place de nouvelles mesures visant à lutter contre le tabagisme au sein de la communauté trans :
sur la consommation de tabac chez les personnes trans pour développer les outils adéquats et mettre en place un parcours de soins adapté.
à destination des personnes trans pour informer sur les dispositifs existants d’aide à l’arrêt et les différentes prises en charge.
dédiés aux professionnels de santé pour mieux accompagner les personnes trans dans la prise en charge de leur santé.
se déclarent
fumeuses
ont été victimes de transophobie
au cours de leur vie
rapportaient avoir été victimes d’actes discriminants
de manière répétée dans l’année
ont renoncé à voir un médecin
au cours des 12 derniers mois
La Fédération LGBTI+ Association de loi 1901, la Fédération LGBTI+ rassemble les centres et les associations LGBTI+ en France. Majoritairement implantée en régions, elle fédère près de 25 villes, plusieurs dizaines d’associations LGBTI+ locales (Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes, Angers, Nancy, Nice, etc.) et quelques grandes associations nationales (AIDES, ANT).
Son principal objectif est de mutualiser les compétences, partager les expertises locales sur les thématiques qui animent les associations, et peser collectivement sur le plan politique pour faire progresser l’égalité des droits.
OUTrans Association féministe d’autosupport trans pour les personnes transmasculines, transféminines, non-binaires, en questionnement, et pour leurs allié·e·s cis. issue de la communauté transmasculine. Fondée en avril 2009 à Paris par des personnes transmasculine, elle s’est depuis ouverte aux personnes transféminines et aux allié·es. Elle agit pour combler le manque en réseau d’autosupport trans et lutter contre la transphobie à tous les niveaux (social, professionnel, institutionnel). OUTrans organise un réseau d’autosupport avec une adresse de contact, des entretiens individuels et des groupes de parole. En complément, l’association organise des formations de sensibilisation à l’accueil des personnes trans et édite des brochures, disponibles en téléchargement sur son site.